311006

Une soirée entre noirs…

Tous ces jeunes cherchent à se prouver à eux-mêmes leur propre existence. Tous là, déguisés, comme pour s’exiler de leur propre corps. Ils fument, ils boivent, brouillant cette réalité dans laquelle ils essaient de vivre.
Quand survient la scène musicale, ils s’attroupent et se bousculent. Se frapper entre eux devient leur unique manière d’oublier leurs faiblesses. C’est un combat dans lequel ils ne sortiront jamais perdants, ce qui est plutôt inhabituel pour eux.
Ils ont une moyenne d’âge de 18 ans, et une seule couleur domine. Les filles sont habillées soit d’un jean et d’un petit haut quelconque, soit d’une minijupe, d’un corset et de bottes. Ces mêmes bottes reviennent systématiquement. Pourquoi ? Simplement pour afficher un caractère dominateur que ces bottes leur confèrent. Pour les garçons, c’est la même tendance : un baggy et un pull à l’effigie de leur groupe préféré.
Quand un groupe comme « L’égorgement du cochon » hurle ses tripes, on observe deux catégories de personnes :
La première, située au plus près de la scène, agite son corps dans tous les sens, comme s’ils voulaient échapper à une mort par noyade.
La deuxième, plus éloignée de la scène, immobilise son corps, ne laissant que la tête bouger, suivant le mouvement d’une boussole qui voudrait indiquer le nord mais qui ne parviendrait qu’à indiquer le sud. C’est marrant, les regardant de loin, on a l’impression d’observer une colonie de fourmis cherchant à fuir une mort certaine. Plutôt ironique, en ce jour de 31 novembre…
Plus le temps passe, et plus l’air a un goût de fumée…

Ils attachent des choses à leur corps, à leur sac, à leurs vêtements pour marquer l’attachement qu’ils ont envers ce monde.
Ils se maquillent pour masquer une existence qu’ils jugent misérable.
Ils s’habillent en noir, de manière extravagante, pour essayer de passer pour de simples ombres du monde, tout en criant : « Regardez-moi ! S’il vous plaît… j’ai besoin qu’on me regarde. »
Ils fument pour créer cette fumée, qui mettra de la distance entre eux et le reste du monde, pensant qu’ils seront mieux de l’autre coté de cet écran gris.
Ils boivent pour échapper à leur propre image, à leur propre personnalité.

La conclusion de tout ça ? Ils vivent tous dans un monde factice. Mais ça, ils ne le comprendront que bien plus tard, lorsqu’ils auront réellement envie de s’intégrer dans la société.

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